Raphèle & Moulès dans les journaux...

Problèmes d'eaux pluviales à Raphèle...

{module état des lieux, 22 fév 2012...|none}Une réunion publique a eu lieu à Raphèle le 14 février sur les problèmes hydrauliques relatifs à l'écoulement des eaux pluviales et aux inondations que le village a subi ces dernières années, notamment celle des 3 au 6 novembre 2011 où un arrêté de catastrophe naturelle a été proclamé par l'Etat après 4 jours de fortes pluies.

Patrick Pouchoulou directeur de la Voirie et du Pluvial a présenté un rapport d'étude sur les ouvrages hydrauliques de Raphèle, en présence d'Hervé Schiavetti maire d'Arles, Jean-Luc Masson délégué à l'aménagement du territoire ayant en charge les eaux pluviales, David Grzyb délégué à l'urbanisme, Odile Crombe chef du service de l'urbanisme, Daniel Richard adjoint de Raphèle, Ginette Chabrol déléguée au logement, ainsi que des représentants d'associations syndicales et de riverains concernés et soucieux de ces problèmes...

Depuis des années, les problèmes d'écoulement d'eau et d'inondations à Raphèle sont récurrents et ont empiré, du fait de nombreux facteurs qui empêchent et gênent la bonne évacuation de l'eau du village pendant les périodes de fortes intempéries.

La dernier décade a vu la construction de plusieurs lotissements sur Raphèle et beaucoup d'habitants témoignent que depuis ce temps on a de plus en plus de problèmes hydrauliques dans le village du fait que « cette urbanisation massive, s'est faite de façon anarchique sans schéma directeur qui aurait permis de mieux appréhender les conséquences d'une telle densification, et a eu des conséquences désastreuses sur les infrastructures initialement conçues pour faire face à une situation qui, aujourd'hui, n'a plus rien à voir avec la réalité du village » dit une riveraine.

Mr. Pouchoulou explique que « c'est pendant la construction de ces nouveaux lotissements qu'on doit profiter de l'intervention sur les systèmes en place pour les agrandir et pour les améliorer en anticipation des futurs épisodes de grande pluie » et que « la construction du nouveau giratoire à l'entrée du village, vers l'église, va nous permettre de capter et d'évacuer les eaux qui arrivent du quartier de la Bienheureuse et, de plus, si le dernier lot de l'extension du lotissement des Paluniers voyait le jour, le promoteur - Sarl Saul - se verrait obligé de construire un bassin de rétention d'eau ».

Sur ce point les riverains sont perplexes car, «on nous avait parlé d'un bassin de rétention d'eau avant la construction du premier lotissement Les Paluniers ; maintenant on parle de la construction d'un troisième lotissement, mais nous n'avons pas encore vu le projet de construction de ce bassin; il nous faudra bientôt des tubas pour respirer ! Ne vaudrait-il pas mieux entreprendre la construction de cette rétention avant de construire tout nouveau lotissement?»

Daniel Richard précise que « le projet de bassin de rétention de 6 000 m3, entre les Paluniers et la voie ferrée est toujours d'actualité, dans le cadre des travaux à finir de l'extension du lotissement 'Les Paluniers' mais que les négociations et l'équilibre financier ne sont pas encore finalisés, et qu'en attendant, le bande de terrain de 120m entre la voie ferrée et le village nous servira, comme toujours, d'un 'bassin de rétention naturel' ».

« On doit arrêter la construction et conserver désormais des espaces naturels » : on le dit, mais cela ne va pas dans le sens des projets de développement du Pays d'Arles, dont l'objectif est d'augmenter la population d'Arles de 53000 à 60000 avant l'année 2020, au détriment des terrains agricoles devenus des terrains constructibles.

« La réalité est que les gens n'ont plus les moyens d'acheter une grande parcelle de terrain. On est obligé de construire sur une parcelle beaucoup plus petite, si non, le prix de la maison devient prohibitif pour la majorité des gens », explique David Grzyb. Est-ce que cette densification de la population va améliorer la situation du mauvais écoulement d'eau dans le village ? « Oui » dit Mr. Grzyb, « car le lotisseur est dans l'obligation d'installer une infrastructure de haute capacité en cas de crue, et c'est pour cette raison que le village doit être reconnaissant des bénéfices de ces projets d'urbanisation ; de plus, vu que la mairie n'a pas les moyens financiers, elle s'appuie sur les lotisseurs pour améliorer la situation. »

Même si les développeurs insistent pour que la construction des lotissements de Raphèle soit faite en respectant la réglementation, « Il ne fait aucun doute que l'urbanisme extensif a des effets énormes sur l'hydraulique du pluvial de par la construction de maisons et de lotissements partout dans le village et a des conséquences sur le débit et la quantité d'eau qui arrive à la surface de Raphèle qui ne peut plus être absorbé par les bassins de retentions naturels que sont les champs » dit une riveraine.

Mais, les problèmes d'eaux pluviales de Raphèle ne sont pas uniquement la cause de l'urbanisme, car, l'écoulement efficace de l'eau est dépendant du bon fonctionnement du système complexe des canaux et fossés d'irrigation, alimentés par l'eau du canal de Craponne. Ces canaux servent à irriguer les prairies, donnant le réputé foin de Crau, alimenter la nappe phréatique permettant d'avoir l'eau potable pour tout la commune et drainer les terrains en période de grandes pluies. « Plus rien ne fonctionne correctement quand les fossés sont mal entretenus » explique André Quaix, - Président de l'association des Fossés de Servanne : «Les fossés et les canaux d'irrigation autour de Raphèle, et particulièrement sur les bords de la D354 Arles-Raphèle-St Martin sont dans un état d'entretien déplorable ! Pleins de feuilles de platanes et de détritus de toutes sortes- dont de gros sacs poubelles - qui obstruent et bloquent complètement le libre passage des eaux pluviales dans les fossés et les buses, et empêche la bonne évacuation des eaux dans les marais... L'eau ne pouvant trouver son passage que sur la route.

 

Il y a un conflit d'intérêt - sur le qui fait quoi et où - entre la commune et le département, qui perdure depuis des années, et qui a conduit à une situation totalement absurde où, personne ne prend la responsabilité de l'entretien et du nettoyage périodique de ces fossés de bord des routes relevant du domaine public. Si ces fossés étaient entretenus comme il fallait, comme cela se pratiquait par le passé, Raphèle n'aurait jamais eu de problèmes d'inondation aussi importants, comme nous les avons connus ces derniers temps. Et malgré le fait que Raphèle ait reçu une quantité d'eau catastrophique en novembre dernier, les fossés et les buses aux bords des routes restent, aujourd'hui, encore obstrués et totalement inopérants» Nous espérons que nous ne serons pas encore victimes d'une grande pluie alors que la responsabilité pour l'investissement et l'entretien de ces fossés est toujours 'une patate chaude' entre la commune et le département et le Conseil GeneraIl !

Il paraît qu'entre les panneaux indicatifs d'une agglomération : « c'est de la responsabilité de la mairie » et qu'en dehors de l'agglomération : « c'est du ressort de la DDTM – direction départementale des territoires et de la mer ». Mais la mairie fait remarquer que « même en agglomération les platanes restent du ressort du département » ! Comme disait Fernand Raynaud : « Y-a comme un défaut » pour lequel une solution doit être absolument clarifiée et trouvée au niveau de la responsabilité et de la répartition des tâches, entre la mairie et l'organisme départemental, car cela concerne bien le domaine public et dont l'administration est de la compétence des collectivités territoriales ».

L'évacuation des eaux vers les marais a été aussi diminuée par des travaux qui ont été réalisés sur la voie ferrée et la voie rapide, en réduisant la taille des buses qui étaient en place pour cet effet. « Avant la construction du pont, il existait un tunnel qui permettait le passage en dessous des véhicules et bien sûr, des eaux de grandes pluies. Pendant les travaux, ils ont fermé cette ouverture ». explique Gérard Quaix - Président du Comité d'Intérêt du Village de Raphèle - « Peut-être pourrions nous profiter de la construction de l'autoroute pour obtenir des améliorations de l'évacuation du pluvial ».

Même si l'eau passait correctement en dessous de la voie rapide et ferrée, il y a un doute que les marais aient la capacité suffisante pour recevoir et absorber efficacement les eaux de grandes pluies. « On a remarqué ces derniers temps que les marais se remplissaient plus vite que dans le passé» disait Daniel Richard. Si les marais sont saturés, l'eau du village mettra plus de temps à s'évacuer.

 

Si les problèmes d'évacuation d'eau pluviale a peut-être été bien étudié sur le coté ouest du village par le lotisseur et les services techniques de la mairie, sous la pression de diverses associations, en revanche, nous attendons toujours une étude sur les écoulements d'eau dans le centre du village, où, pendant ces dernières intempéries, des commerces et des riverains se sont trouvés dans l'eau. « Nous sommes installés depuis 1958 dans un mas construit en 1918 au cœur du village de Raphèle, sur le chemin des Paluns, nous n'avions jamais eu de problème d'eau chez nous, mais, en l'espace d'une année, nous avons subi deux inondations qui nous ont causé bien des dégâts ! Notre assureur vient de nous annoncer qu'il ne pouvait plus assurer notre Mas car dans la situation actuelle, de nouvelles inondations devraient à l'avenir se reproduire » raconte un résident soucieux.

Daniel Richard connait bien ce problème et admet : «qu'Il n'existe pas de canalisation indépendante pour les eaux pluviales et nous sommes dépendants des réseaux d'arrosages existants qui ne sont pas fait pour recevoir les grands volumes d'eau nécessaires d'évacuer du village pendant les périodes de grandes pluies. Nous attendons une réunion sur place avec l'ingénieur technique Patrick Pouchoulou, pour étudier la situation et trouver une solution».

 

Cette semaine, des ingénieurs techniques de la direction de Voirie Pluvial sont venus sur le chemin des paluns pour faire des travaux pour agrandir les fossés d'irrigation et pour faire un diagnostic sur place. « Á priori, ses travaux vont beaucoup soulager la tension sur les systèmes de drainage en place, on va attendre le prochain épisode de grande pluie pour évaluer les résultats, si l'eau déborde toujours, nous reviendrons à installer une buse adaptée. De toute façon, les études sont en cours pour rediriger l'eau qui arrive sur le village par la route de Fontvieille vers le nouveau giratoire où les buses de diamètre important seront prévus pour évacuer l'eau vers les marais ; si l'eau arrive à s'écouler par les buses en dessous la N113, cela doit résoudre les problèmes définitivement» disent-ils.

Sur ce dernier point, André Quaix fait remarquer que : « si le débit de 600 l/s, en provenance de la Bienheureuse - chemin du château de La Jansonne - arrive actuellement jusqu'au niveau de la boulangerie Bronte-Pellat, après avoir parcouru une distance de plus de 1,5 km, cela est dû à l'absence totale d'entretien des fossés des bords de route qui sont dans un état lamentable et en état de totale obstruction et de permanente occlusion sur d'innombrables tronçons de ce secteur. En revanche, si ces fossés multiséculaires bien dimensionnés, étaient en bon état d'entretien, une bonne partie du pluvial ne serait pas allée plus loin que la route de la gare où il y a un réseau de buses – complètement bouchées - traversant la D453, qui permettent la liaison avec le grand fossé longeant la route de la gare ; ce dernier ayant la capacité d'évacuation vers les marais. »

A cet égard, Il est recommandé d'aller se promener à pieds dans ce secteur - entre La Bienheureuse et l'arrivée dans le village - pour se rendre compte in situ de « l'état de santé de nos ruisseaux de bord de route ». Surprise assurée ! Un 'état des lieux', fait mercredi 22 février, a bien constaté que ces fossés restent toujours obstrués par des feuilles de platane et des ordures.

Enfin, face au constat de carence des collectivités territoriales à gérer cette situation, des idées se murmurent de savoir s'il n'y aurait pas lieu de créer sur Raphèle une association de bénévoles, qui se substituerait aux obligations dévolues aux collectivités territoriales, pour surveiller et déboucher buses et fossés... Va t'il falloir porter cette affaire devant la juridiction administrative pour régler ce conflit, alors qu'il pourrait se régler en concertation entre la commune, le département, sous l'autorité de la préfecture qui a droit de regard et de supervision sur les collectivités territoriales ?

Nous espérons que cet article va faire prendre conscience des carences des services de l'Etat responsables de la situation à laquelle le village de Raphèle est confronté de manière récurrente depuis des lustres.

La direction de Voirie Pluvial de la ville d'Arles reste à votre disposition pour répondre à vos questions sur le plan d'eau de Raphèle, car, comme dit Patrick Pouchoulou, « l'histoire de l'eau à Arles a toujours été très compliquée ! ». 04 90 49 36 29

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